Calibrage de l'écran : le principe
Faites-vous au moins ce cadeau : effectuez un calibrage (calibration en anglais) de votre écran avec une sonde d'écran. Vous n'avez pas idée à quel point cela changera votre façon de travailler ! Ayant comme tout le monde bien connu le logiciel Adobe Gamma, je ne peux m'empêcher de conseiller à tous les photographes - amateurs ou pros - d'en acquérir une !
Absolument INDISPENSABLE pour qui travaille des images sur ordinateur, le calibrage de l'écran ne peut malheureusement se faire efficacement sans une sonde de calibrage vendue avec son logiciel de création de profils ICC. Les prix ont beaucoup baissé puisque la sonde Spyder3Express coûte 90 € maintenant (version que je déconseille cependant) mais la version Pro, à 125 €, est un excellent rapport qualité/prix. Les références aujourd'hui que sont les sondes I1Display Pro d'X-Rite ou Spyder3Elite de Datacolor coûtent entre 240 et 190 € TTC. Cela ne me semble vraiment pas très cher au regard du prix du matériel de prise de vue numérique et des sommes, parfois importantes, englouties dans les cartouches d'encre et de papier ou encore des ordinateurs, pour les services que cela rend.
Le calibrage d'un écran - on emploie parfois le terme anglais calibration - se fait en fait en deux étapes :
C'est lors de cette deuxième étape seulement qu'est créé le profil ICC de l'écran (caractéristiques de l'appareil). Dans un premier temps, je vais expliquer ces deux termes. Même si je vais insister sur le calibrage avec une sonde, dans une deuxième partie j'expliquerai pourquoi ce n'est pas seulement indispensable mais aussi très différent de calibrer son écran à l'oeil nu ou à l'aide d'un tirage. Ensuite, je terminerai avec les principales étapes du calibrage d'un écran. Dans les pages suivantes seront traitées différentes sondes du marché.
La problématique ?
Calibrer un écran consiste à effectuer trois réglages TRES IMPORTANTS ! D'une part neutraliser les dominantes donc les défauts d'affichage de l'écran, d'autre part régler celui-ci pour qu'il affiche un bon niveau de luminosité et un bon contraste et enfin faire en sorte qu'il affiche la plus large gamme de couleurs possible.
Corriger les dominantes et optimiser la gamme des couleurs
Comme on l'a vu sur les pages consacrées aux généralités de la gestion des couleurs, tous les appareils de reproduction des couleurs les reproduisent avec des déformations qui leurs sont propres. On voudrait que l'écran affiche un gris neutre et il affiche un gris avec une dominante, sans compter les défauts de l'imprimante, etc. Le calibrage va consister à envoyer vers l'écran une série de signaux RVB dont on connaît précisément la couleur absolue ( donc les valeurs XYZ dans l'espace CIE XYZ ou La*b* dans l'espace LAB ) et de mesurer avec une sonde de calibrage - un colorimètre - comment il les affiche réellement.
Pour prendre un exemple : si j'envoie un signal RVB du type 128, 128, 128 vers un écran non calibré, il y a très peu de chance qu'il affiche un gris neutre. Il est fort probable qu'il affichera un gris avec une légère dominante colorée ( rougeâtre, verdâtre etc.). La sonde va mesurer cette "vraie" couleur affichée (donc sa valeur Lab) et placer l'information dans le profil ICC de cet écran. Avec ce profil ICC ainsi créé, on saura quel signal RVB corrigé donc R'B'V' envoyer vers cet écran pour qu'il affiche la bonne couleur Lab, ici une couleur neutre. Quand je voudrai afficher un gris neutre sur cet écran, dorénavant, la carte graphique devra lui envoyer un signal du genre - 124, 128, 128 - pour tenir compte de sa caractéristique, qui est en l'occurrence un défaut dans les rouges. EN faisant tout cela, l'écran affichera la plus large gamme de couleurs possible, d'autant plus que vous réglerez avec finesse l'étape suivante à l'aide de la même sonde.
Régler la luminosité de l'écran
Un point souvent également négligé est le réglage de la luminosité de l'écran de telle sorte que la luminosité de la photo à l'écran soit la même que celle imprimée. Ce réglage ne peut se faire, comme pour la correction des dominantes, à l'oeil nu et nécessite donc une sonde de calibrage qui va mesurer précisément le vrai niveau de luminosité de l'écran selon les directives que vous aurez donné au logiciel. C'est la phase d'étalonnage.
Attention ! le gamma de l'écran par construction est très important également. Si vous achetez un écran Art-Graphique, il est vraisemblable qu'il aura un gamma de 1,8. Le calibrer à 2,2 ne sert pas à grand chose, voire cela sera pire ! Donc votre écran peut avoir le bon niveau de luminosité mais un gamma de 1,8 et alors votre tirage sera tout de même trop sombre. Pas si simple cette affaire ! Nous en reparlerons plus bas.
Un écran à la bonne hauteur ! Nouveau !
Il est important de placer votre écran à la bonne hauteur, surtout avec les écrans à dalle TN (dalles les plus basiques) des écrans dits "bureautiques" et encore plus avec les écrans de portables. Il est donc intéressant de signaler que la marque Rain Design fabrique un support pour portable MAC (Look MAC !) afin non seulement de rehausser son portable mais également de favoriser son refroidissement. Superbe fabrication pour moins de 60 € !
colourconfidence.com/mstand 

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Mstand |
Distributeur |
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Distributeur |
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Matière |
Alu brossé |
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Compatibilité |
Mac Book, Mac BookPro * |
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* 13, 15 ou 17 pouces |
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Tous les écrans sont-ils égaux ?
Aujourd'hui, trois technologies de dalles d'écrans se disputent le marché : TN, VA et IPS. Les écrans d'ordinateurs portables utilisent malheureusement la moins bonne d'entre elle, TN. Son plus gros défaut étant un changement très important de couleurs selon l'angle de vision. Donc a éviter (quand c'est possible car les portables sont souvent des dalles TN) pour nous photographes ! De très nombreux écrans dits bureautiques ou jeux utilisent la technologie TN ou VA. Il peut y avoir de jolies surprises en VA ! Enfin la technologie IPS est la meilleure pour fabriquer des dalles pour photographes. Sur le papier c'est un gage de qualité mais comme toujours pas une garantie absolue. C'est tout de même la technologie à privilégier pour les écrans de retouches photo avec un large gamut au moins égal à 95% de l'Adobe 1998. A noter que la dalle de l'Ipad est une technologie IPS, rien que cela !
Avec l'expérience, je peux vous assurer qu'il est pratiquement impossible en lisant les spécifications techniques d'un écran en dehors des écrans dits Art-graphiques de savoir s'il est bon ou pas et encore meilleur qu'un autre ! Certes la technologie de l'écran - TN, VA ou IPS - donne une indication précieuse, la meilleure pour le photographe étant une dalle IPS, mais tous les spécialistes vous diront qu'ils sont tombés sur un écran pas cher vraiment étonnant ! Donc choisissez en lisant les essais sur Internet, votre budget et le look - Et oui, on l'a toute la journée devant le nez si le critère qualité des couleurs n'est pas fondamental !
Une chose est sûre, tous, aujourd'hui, se calibrent et au minimum très correctement. Je n'ai jamais vu d'écran, même bon marché, à qui un calibrage ne faisait pas du bien et ne le rendait pas correct lorsque l'on utilise une bonne sonde de calibrage. Donc sentez-vous assez libre de choisir en vous faisant plaisir. Si vous lisez bien certains tests, vous vous rendrez compte que certains sont meilleurs par défaut que d'autres mais qu'une fois calibrés, ils se rééquilibrent. C'est bien là l'essentiel et cela dépendra en grande partie de ce que vous faites de vos photos. Si vous imprimez beaucoup, que vous faites des retouches fines dans Photoshop, je vous déconseille tout de même un écran à moins de 600 euros ( pour des 24 ou 27 pouces ) avec une sonde à 100 euros... Dans ces conditions, le budget idéal reste autour de 800/1500 euros, sonde Colormunki Display, ou i1 Display Pro ou Spyder3Elite/Pro comprise. Et pour ceux qui trouvent cela cher, on est loin des 6000 euros que coûtait un Barco il y a dix ans...
Enfin et paradoxalement, j'ai la chance de posséder un écran dit Art-graphique et il est tellement bon que le profilage ne sert pas à grand chose. Les courbes de corrections RVB sont plates !!! Il est très bon avec les réglages sortie d'usine mais il coûtait plus de 2000 euros il y a quatre ans.
Voyons maintenant les deux étapes du calibrage de l'écran que sont le calibrage (calibration en anglais) et la caractérisation donc le relevé de ses caractéristiques colorimétriques précises.

Le calibrage & la caractérisation
Comme on l'a évoqué à plusieurs reprises maintenant, le processus de calibrage est en fait un processus qui a lieu en deux étapes : un étalonnage puis une caractérisation (sauf exceptions comme l'Ipad).
Le calibrage ou étalonnage
Pour s'assurer que l'appareil de reproduction des couleurs qu'est un écran fonctionne dans des conditions optimales, il faut d'abord le calibrer ou plutôt l'étalonner, c'est-à-dire qu'il faut optimiser son fonctionnement de base et le placer dans des conditions de travail connues et si possible stables. Avec l'écran, outil de la chaîne graphique qui nous préoccupe sur cette page, le calibrage fixer une bonne fois pour toutes :
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La luminosité maxi - point blanc - de l'écran;
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Le contraste;
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Le gamma;
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La température de couleur - en Kelvins -;
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Et éventuellement la luminosité mini - le point noir -.
Cette opération également appelée étalonnage peut se faire de deux manière différente selon la qualité de l'écran que l'on a acheté mais toujours à l'aide de la sonde :
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Avec un écran qualifié de non "art-graphique", cela se fait par l'intermédiaire des touches Menu et de la sonde qui sert pendant cette étape d'outil d'étalonnage. Une série de vignettes apparaissent à l'écran pour permettre ce calibrage. Un des points les plus importants est la possibilité qu'offre ou pas le logiciel de contrôler précisément la quantité de lumière qu'il doit émettre, au maximum et au minimum. Celle-ci devrait être idéalement proche de 80/120 candelas au m² , selon l'environnement lumineux dans lequel vous travaillez afin que la luminosité de votre tirage soit très proche de la luminosité de votre photo sur votre écran. Ceci ne peut se faire qu'à l'aide d'un appareil de mesure. L'œil humain en est absolument incapable sans élément de comparaison.
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Avec un écran dit "art-graphique", il suffit de fixer ces quatre valeurs cibles dans un menu du logiciel et de lancer tout simplement le calibrage qui se fait alors automatiquement (la caractérisation se fait dans la foulée).
A noter qu'une fois l'écran caractérisé - c'est-à-dire profilé -, il ne faudra surtout pas retoucher à ces réglages ! Sinon, il faudrait refaire la caractérisation, donc recréer un autre profil ICC pour ces nouvelles conditions de calibrage ou d'étalonnage.
La caractérisation
C'est pendant cette deuxième étape qu'est réellement créé le profil ICC de l'écran, compte tenu des réglages qui ont été optimisés à l'étape précédente, c'est-à-dire pendant le calibrage. On va maintenant mesurer les caractéristiques du moniteur placé dans des conditions de fonctionnement "idéales" ou en tout cas connues et précises (Idéales sous entend que l'on aurait alors plus besoin de profiler l'écran). Le logiciel de calibrage envoie alors une série de signaux RVB vers l'écran et les couleurs réellement affichées sont analysées et comparées aux couleurs idéales - L*a*b* - du Consortium ICC grâce à la sonde d'écran - un colorimètre ci-contre.
Attention : Si vous faites la caractérisation avec votre œil vous ne ferez qu'une comparaison et non une mesure. Cette étape est donc impossible avec les logiciels d'étalonnage gratuits basés sur la comparaison de patchs colorés. Le logiciel réalise donc la carte d'identité colorimétrique de l'appareil en mesurant :
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L'espace colorimétrique qu'il est capable de reproduire par rapport à l'espace L*a*b* ( on parle aussi de gamut ); il est le résultat du point blanc et noir de cet écran et de la saturation maxi des filtres placés devant chaque pixel de votre écran;
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Et comment il le reproduit - quel signal RVB pour quelle couleur Lab.
Toutes les déformations des couleurs affichées à l'écran par rapport aux couleurs L*a*b* vont être soigneusement notées dans ce fichier spécial, le profil ICC de cet écran. Quand la carte graphique voudra afficher telle ou telle couleur Lab, elle saura exactement quel signal RVB "corrigé" lui envoyer afin qu'il les affiche correctement, en tenant compte de ses fameuses caractéristiques. Un fichier ICC peut donc être un fichier assez lourd car il peut contenir un nombre impressionnant d'informations. Les couleurs que peut afficher un écran sont effectivement très nombreuses - un très bon oeil peut distinguer, je le rappelle près de 8 millions de couleurs ! Avec l'œil, ce réglage ne peut-être qu'approximatif même si cela fait parfois illusion car le gamut d'un écran n'est pas très large - même s'il augmente avec les nouvelles technologies par néons ou LED. S'il est encore souvent proche de l'espace colorimétrique sRGB, de plus en plus d'écrans savent maintenant afficher l'espace Adobe 1998, sensiblement plus grand voire encore plus grand, ce qui justifie d'ailleurs que le matériel de calibrage change pas mal en ce moment. Beaucoup de photographes ont essuyé les plâtre avec les premiers écrans à LED, nettement mieux maîtrisés aujourd'hui (mi-juillet 2011).
Remarque amusante !
Comme je l'ai dit dans la première page de ce dossier - introduction à la gestion des couleurs - les longueurs d'onde fixées par la CIE pour les trois couleurs primaires sont 700, 546 et 436 nm. Pour produire ces couleurs précises, un moniteur éclaire des pixels de moins de 0,30 mm devant lesquels on a placé des filtres RVB. De la qualité de ces filtres dépendra étroitement la qualité du moniteur. En revanche, ils ne peuvent être changés pour un écran donné par construction. On peut plus ou moins les éclairer mais pas les changer ! Donc si l'écran possède un filtre bleu émettant à 438 nm au lieu de 436, c'est absolument irrattrapable. Il n'existe aucun moyen pour transformer CETTE couleur. Il en est de même pour les deux autres couleurs primaires. Mais alors que mesure la sonde et à quoi sert un profil ICC si les trois couleurs primaires ne sont pas idéales et qu'on ne peut les changer ?
Et bien c'est très simple ! La sonde mesure précisément quelle est la couleur - la longueur d'onde - des filtres RVB d'un écran dans un premier temps ( éventuellement sur différents niveaux de luminosité selon le type de logiciel créateur de profils ICC). Or on sait que les couleurs se multiplient pratiquement à l'infini (entre 2 et 8 millions selon la vue de la personne). Les trois couleurs primaires ne sont donc QUE trois couleurs parmi des millions - un peu plus si l'on tient compte des différents niveaux de luminosité possibles pour chacune de ces trois couleurs primaires - que devra afficher l'écran. Or toutes les autres couleurs sont toujours un pourcentage de trois ou de deux couleurs primaires. Il sera alors assez facile de changer légèrement le pourcentage de celles-ci pour, finalement, afficher correctement une couleur quelconque. Seules les trois couleurs primaires ne seront jamais affichées correctement par CET écran s'il possède un défaut. C'est donc dérisoire mais presque un comble : afficher correctement les couleurs avec trois couleurs de bases fausses !!! Et pourtant... |
Sur la page suivante, nous allons étudier le calibrage d'écran plus en détail et passer en revue quelques sondes de calibrage d'écran du marché - Calibrer un écran

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